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Entretien des voitures plaisir : les coûts d'une compacte

By Aurélien Gourgeon | 30/05/2018

Avant d’acheter une compacte, dont le choix peut s’avérer complexe, s’ajoute souvent la question de l’usage et donc, de l'entretien. Les propriétaires témoignent.

Depuis octobre 2017, une Renault Megane 2 RS R26 a rejoint le garage de Pierre-Louis Galinier. « Pour le week-end et les sorties plaisir », explique l’habitant de la région toulousaine. Du côté des Alpes, Louis Bojaruniec a aussi opté pour une Megane RS, « principalement pour rouler fort dans les cols ». Une 3ème génération RB8 acquise à l’été 2016, dont il est pleinement satisfait : « Le moteur marche super bien, la fiabilité est hallucinante, on peut faire ce qu’on veut et elle est peu chère en entretien » admet-il. Depuis son achat, Louis n’a fait qu’une grosse révision chez Renault Sport qui lui a coûté 440€. Pierre-Louis est également pointilleux sur l’entretien de sa Megane 2 RS R26. Si son acquisition est récente, il a déjà dû engager quelques frais à cause d’un entretien parfois bancal de l’ancien propriétaire. « Un jour en démontant la calandre, je me suis rendu compte qu’il avait coupé la partie cachée d’un phare, pour une réparation antérieure. J’ai du tout changer », explique-t-il.

« J’ai fait un roadtrip et sérieusement… après il faut prendre un abonnement chez le kiné !  »

Une mésaventure presque anecdotique face à celle qu’a subi Alexandre Bezaud, propriétaire d’une Mazda 3 MPS. Une semaine après son achat, en novembre 2015, son moteur explose : « Je ne m'étais pas assez renseigné avant l'achat de la voiture. Et j'ai payé le prix fort. La faiblesse majeure de la MPS, ce sont ses bielles. Si le conducteur met trop souvent le pied dedans en dessous de 3000 trs/min, les bielles se tordent et le moteur explose ». S’il doit tirer un point positif de cette expérience, c’est que l’ancien propriétaire a financièrement participé à la remise en état. « Et puis, je possède un moteur neuf maintenant ».  

De son côté, Louis n’a pas eu de mauvaise surprise. S’il devait reprocher quelque chose à sa Megane 3 RS RB8, cela serait plutôt le fait qu’elle soit un peu trop extrême. « J’ai fait un roadtrip et sérieusement… après il faut prendre un abonnement chez le kiné ! Une semaine avec l’auto provoque un mal de dos. Elle est assez inconfortable mais c’est aussi pour ça qu’elle est efficace ». Un avis partagé par Pierre-Louis et sa génération précédente de RS : « Elle peut être polyvalente… mais la suspension est dure ».

Respecter les temps de chauffe

En plus de sa Megane 2 RS R26, Pierre-Louis possède une Ford Focus ST TDCi, dont il a fait l’acquisition en novembre 2015, par le biais d’un moyen de financement en leasing : « C’est ma voiture de tous les jours, celle que j’utilise en semaine pour aller au travail », explique-t-il. Mais il ne la ménage pas pour autant. Après 75.000 km parcourus en 3 ans, la conduite appuyée lui a valu quelques frais, comme des changements de plaquettes : « Il m’est déjà arrivé de ne plus avoir de freins en bas d’un col », explique Pierre-Louis. Mais le constructeur américain ne semble pas prendre en compte les conséquences d’une conduite sportive : « Ford a déjà refusé de me faire une vidange intermédiaire », poursuit-il, surpris. Malgré sa mésaventure de moteur, Alexandre est satisfait de pouvoir faire une révision annuelle sur sa Mazda 3 MPS : « En 2017, je n'ai eu que la révision standard à faire en concession. Ça m'est revenu à 196 € ».


this is an image « Il m’est arrivé de ne plus avoir de freins en bas d’un col ». Pierre-Louis s'est déjà fait quelques frayeurs avec sa Focus ST. 


Pour Frédéric Neuilly, il est nécessaire d’aller dans ce sens et de prévoir « un contrôle et une vidange par année ». Propriétaire d’une Seat Leon Cupra 300 depuis mai 2017, Frédéric va bientôt faire « une vidange préventive, même si elle n’est pas préconisée par SEAT. Dans un garage de la marque, le coût est de 193 euros ». Sa surconsommation anormale de liquide de refroidissement l’a sans doute alarmé, alors que sa Leon Cupra n’a que 12.000 km. « J’ai pris rendez-vous. Le garage va analyser et changer la pièce si elle est défectueuse. » Heureusement pour Frédéric, Seat prend en charge les frais.

« Le Leon Cupra peut être une bonne voiture de tous les jours, si on est en bons termes avec les stations-service »

Parfois, la surchauffe est un des principaux ennemis des compactes, selon l’utilisation.
Pour Louis, le respect des temps de chauffe est primordial : « Jamais au-dessus de 2000 tr/mn à froid ». Ce n’est qu’ensuite qu’il s’amuse dans les sommets alpins : « Ici, quand on se sert d’une auto, c’est pour rouler un peu fort ! ». Alors forcément, c’est la consommation qui trinque. Sa Mégane 3RS RB8 peut grimper jusqu’à 13l/100 km lorsqu’il est dans un col. C’est mieux que Pierre-Louis qui monte jusqu’à 14,5l/100 km avec sa Megane 2 RS R26. Pour des pleins d’essence qui reviennent entre 70 € et 80 €, uniquement avec du SP98.

Ne pas négliger un entretien régulier

Même s’il n’utilise sa voiture que les week-ends, Frédéric estime que la Leon Cupra « peut s’avérer être une bonne voiture de tous les jours, si on est en bons termes avec les stations-service ». De ce côté-là, Alexandre est plutôt satisfait de la Mazda 3 MPS, qu’il utilise au quotidien : « C'est une voiture relativement économique, les consommables durent longtemps, surement parce que ma conduite est soft. »


this is an imageAvec sa Mazda 3 MPS, Alexandre participe à des rassemblements. Comme ici, en mai 2018. 


Naturellement, un usage plus sportif entraîne une usure des pneus plus rapide. Pour l’instant, Frédéric ne les a pas encore remplacés. « J’ai des Pirelli P Zéro encore en bon état d’usage. Je pense qu’il faudra les changer vers 20.000km. Je prendrai des Michelin Pilot Sport 4 à l’occasion ». Un choix de pneu identique à celui de Louis, qui est en revanche sur une autre fréquence. Le train avant de sa Megane 3 R.S RB8 est renouvelé « tous les 5.000 km ».

Si tous n’ont pas nécessairement la même utilisation de leur compacte, ils sont d’accord sur un point : il faut redoubler de vigilance sur le carnet d’entretien à l’achat, s’il s’agit d’une occasion. « Comme pour tout véhicule à tendance sportive », selon Alexandre.  Mais aussi, se renseigner sur l’assurance. Notamment pour les Megane RS, qui figurent dans la liste des véhicules les plus volés. « Je ne le savais pas forcément avant », explique Pierre-Louis. « Il est important de garder à l’esprit que ce sont des véhicules puissants, avec des pièces fabriquées en conséquence. Il faut donc en prendre soin et ne pas négliger un entretien régulier », conclut Frédéric.

Crédits photos : Pierre-Louis Galinier (Megane 2 RS R26, Focus ST), Alexandre Bezaud (Mazda 3 MPS).


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